Dans la sainteté de Dieu… de fr Jean-Marc Gayraud.

Dans la sainteté de Dieu.

Fête de tous les Saints

Fête de Tous les Saints.

Mt 5, 1-2Mt 5, 1-2
French: Louis Segond (1910) - SEG

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 » Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! « 

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Homékie du jour

 

de fr Jean-Marc Gayraud: Dans la sainteté de Dieu…

 

Version phonique:

Version écrite:

Dans la sainteté de Dieu.

   Voilà une fête qui fait du bien, aujourd’hui plus que jamais. L’Église nous propose en effet une figure d’humanité bien éloignée de celles qui envahissent habituellement nos cultures et nos vies contemporaines : l’homme augmenté, l’homme parfait, l’homme surhumain, inhumain, l’homme à notre mesure et surtout à notre démesure. Aujourd’hui, nous sommes invités à nous pencher sur une figure d’humanité oubliée : le saint. Une humanité qui ne part pas d’elle-même mais de Dieu, qui ne tourne pas sur elle-même mais qui va vers Dieu, qui ne finit pas par ne rencontrer rien d’autre qu’elle-même mais qui est rencontrée par Dieu.

   Entendons en premier lieu : la sainteté de l’Evangile, les saints des évangiles qui ont rencontré le Christ, l’Envoyé du Père. Sainteté de ces gens ordinaires qui suivent le Christ, mais aussi sainteté de ceux qui ont foi en Lui ou qui se laissent radicalement transformer par Lui : lépreux, boiteux, lunatiques, païens, prostitués, profiteurs en tout genre et autres larrons de grand chemin. Je ne sais pas vous frères et sœurs, mais si le Christ a bien voulu se manifester à une telle compagnie et faire de ces gens-là des saints, je veux bien en faire partie, je veux bien être un saint moi aussi. Être saint, c’est recevoir chez soi le Christ en sa vie telle qu’elle est, du plus heureux au plus désespéré, du plus accompli au plus détraqué, du plus intègre au plus altéré. Et ceci va beaucoup plus loin qu’une simple question de moralité de vie : sur le chemin de la sainteté, le bien ne justifie pas toujours et le mal ne condamne jamais.

   En réalité, saints nous le sommes et, en quelque sorte, n’avons pas à chercher à le devenir. Oui, saints nous le sommes… excepté ce qui nous en empêche. Car il s’agit moins d’acquérir la sainteté que de se débarrasser de ce qui y fait obstacle. Saints nous le sommes par la pure miséricorde du Père, la grâce du Fils, le don du Saint-Esprit. La sainteté de Dieu nous a déjà rejoint depuis toujours au plus vrai et au plus juste de notre humanité ou plutôt, elle est déjà cela même en nous. Sainte est la vie de chaque être humain par le mystère même du Dieu qui l’habite. Sainte est cette assemblée comme est sainte, et ô combien, l’Eucharistie que nous célébrons. La sainteté, c’est Dieu vivant et vivifiant à la source de notre vie, de toute notre vie. Mais en vivons-nous vraiment ?

   La sainteté n’est pas un idéal, elle est la réalité même dans laquelle nous sommes plongés. Elle n’est pas en dehors de nous, c’est nous qui sommes en dehors d’elle. Elle est ce fond sans fond du réel auquel nous manquons et que nous pervertissons sans cesse. Car voilà bien le problème : nous nous sommes exilés bien loin de la sainteté de Dieu et donc bien loin de nous-mêmes qui sommes faits pour Dieu. Et voilà le mystère par excellence que nous confessons : Dieu qui est le seul saint a investi la misère et le péché de l’homme dans lequel il s’était égaré pour le rendre saint par son propre Fils. Et cette sainteté resplendit désormais d’une lumière indicible comme la Gloire du Père resplendit sur la croix du Fils.

   Chaque saint est à sa manière témoin de cette œuvre admirable de Dieu qui des plus grands pécheurs peut faire les plus grands saints, et les plus grands saints se sont toujours vus comme les plus grands pécheurs. Le saint est un pécheur bouleversé par la miséricorde du Père, transformé par la grâce du Fils, recréé en sainteté par l’Esprit. Sa vie puise en toutes circonstances aux sources vives du Christ, dans la nuit, l’épreuve et l’amertume le plus souvent. Chemin de foi, chemin d’amour. Et chacun est appelé à être le saint de sa vie. Pour être une question éminemment unique et personnelle de vie et de mort, il n’y a pas deux itinéraires de sainteté qui soient identiques. Ce chemin nous est tracé par les Béatitudes. Elles déclinent ces lieux où le Christ nous attend pour le rencontrer et nous rencontrer en Lui comme frères et sœurs en divinité, appelés tous à la sainteté. Les figures d’humanité contemporaines finissent toujours par nous plonger dans une tristesse infinie à ne nous faire retomber jamais que sur-nous-mêmes. Les Béatitudes sont chemin de vrai bonheur : elles nous unissent au Christ et, en Lui, nous unissent les uns aux autres. Elles nous ancrent dans la sainteté de Dieu et la manifeste à ce monde. Paix et joie déjà demeurent. Amen.

fr Jean-Marc Gayraud op.

Lien vers la décoration florale de Toussaint: Commémoration de tous les défunts. 

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