En chemin avec Jésus

4 novembre 2020 – Mémoire de Saint Charles Borromée, évêque
Ph 2,12-18 ; Lc 14,25-33
Prédication du frère Jean-Marc Gayraud

Chemin avec Jésus

De grandes foules suivent Jésus ici et c’est à elles que s’adresse cet enseignement. Mais le vrai disciple de Jésus, c’est celui qui va jusqu’au bout du chemin. Au travers des épreuves jalonnant le parcours, des chutes et des relèvements, des égarements et des retrouvailles du chemin, c’est le but qui rend possible chaque fois la remise en route, qui suscite chaque pas fait dans sa direction. C’est le but qui fait le chemin. Le Christ en sa Pâque est ce but, cette réalité ultime déterminant le parcours du marcheur et le faisant avancer. Mais la Pâque du Christ a comme revers de son versant glorieux, le versant de la croix. Car il n’y a pas de but sans cheminement vers lui et ce cheminement est parfois périlleux.

Lorsque l’épreuve est trop lourde, nous regardons en arrière ou de côté au lieu de regarder plus que jamais droit devant-nous. Nous cherchons des voies détournées plutôt que de nous établir plus fermement que jamais sur le chemin fixé. Nous ne sommes pas conséquents. Nous nous étions mis en route avec l’illusion que cela suffisait pour atteindre le but, comme cet homme qui a commencé à bâtir une tour sans avoir les moyens de l’achever. Nous partions en conquérant et nous réalisons maintenant que nous ne sommes pas armés pour une telle aventure, comme ce roi qui ne dispose pas des troupes suffisantes pour gagner le combat. Mais ce coup d’arrêt brutal porte en lui la grâce d’un élan nouveau, pourvu que nous laissions le but lui-même venir façonner notre chemin, renonçant à vouloir le façonner nous-même.

Impossible d’aller plus loin en effet tant que nous ne comprenons pas que nous nous trouvons sur un itinéraire pascal. Sur cet itinéraire, le versant de la croix s’illumine par son versant glorieux et le versant glorieux se cache dans son versant douloureux. Le Christ de notre Pâque transforme la chute en relèvement, l’égarement en retrouvaille, la défaillance en vaillance nouvelle pour la marche. « O crux ave, spes unica. »

C’est donc du côté de nos chutes, de nos égarements, de nos défaillances vers quoi cet évangile nous invite à nous tourner mais pour y trouver-là, caché, Celui qui nous remet debout et libre pour la marche. Révélation inouïe qui n’est jamais qu’un don et un fruit de la grâce. S’il faut renoncer à tout ce qui nous appartient pour se mettre en route, il faut encore plus renoncer à soi-même pour atteindre le but. Il faut renoncer à toute forme de possessivité sur le tempo, le rythme, le style et le paysage offerts à notre marche. Ce n’est pas notre chemin qui nous conduit au but, c’est le but qui nous conduit sur son chemin. Ce chemin et ce but, c’est le Christ : qu’il soit donc vraiment notre vie.

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