Foi de la veuve, retournement du juge… de fr Hervé Ponsot.

Foi de la veuve, retournement du juge.

La veuve et le juge inique.

Le retournement du juge inique face à la veuve…

Lc 18, 1-8Lc 18, 1-8
French: Louis Segond (1910) - SEG

18 1 Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu`il faut toujours prier, et ne point se relâcher. 2 Il dit: Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu et qui n`avait d`égard pour personne. 3 Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire: Fais-moi justice de ma partie adverse. 4 Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même: Quoique je ne craigne point Dieu et que je n`aie d`égard pour personne, 5 néanmoins, parce que cette veuve m`importune, je lui ferai justice, afin qu`elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête. 6 Le Seigneur ajouta: Entendez ce que dit le juge inique. 7 Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard? 8 Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l`homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?  

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 » Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui « 

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Homékie du jour

 

de fr Hervé Ponsot:  Foi de la veuve, retournement du juge.

 

Version phonique:

Version écrite:

Foi de la veuve, retournement du juge

      Frères et sœurs, dans mon jeune temps, mes parents m’avaient éduqué en me disant que, l’on ne devait jamais réclamer, et moins encore insister : je devais comprendre que la demande avait été entendue, et que toute insistance était donc de mauvais aloi. Sans doute mes parents n’avaient-ils pas à l’esprit l’évangile que nous venons d’entendre et qui nous dit exactement l’inverse, en nous invitant à demander avec insistance. Ce qui, vous l’avouerez, est un peu bizarre : Dieu aurait-il une mauvaise oreille, serait-il atteint de presbyacousie ? Quel peut donc être le sens de cette insistance ?

      En réalité, il faut chercher la raison du côté de l’homme plutôt que du côté de Dieu. Insister auprès de Dieu marque sans doute l’importance de la demande. En effet, vous l’aurez sans doute noté comme moi, de nombreuses demandes que nous formulons au cours de nos vies sont oubliées lorsqu’elles ne sont pas satisfaites sur le moment, ou dans les 48 h qui suivent. Elles nous avaient semblé importantes au moment où nous les formulions, mais elles ne l’étaient pas un peu plus tard.

      En revanche, lorsque l’affaire est grave, par exemple dans le cas du combat contre Amaleq dans la première lecture, alors, tout comme Moïse, « nous ne baissons pas les bras ». Faut-il que j’évoque aussi, parmi tant de situations que je connais, les parents d’enfants malades ou handicapés ? Eux non plus n’hésitent pas à courir le monde pour trouver de nouveaux concours, de nouveaux moyens pour soutenir leurs enfants. On les comprend et c’est exactement ce que Jésus attend dans les cas importants que nous pouvons lui présenter.

      Mais Jésus insère ces demandes dans la prière, et l’on peut se demander si elle est bien alors l’un des meilleurs moyens, sinon le meilleur, pour obtenir un résultat rapide : ne faisons-nous pas souvent l’expérience inverse, celle d’un délai et parfois même d’un apparent oubli ? Pourtant, Jésus l’affirme : « Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice ».

        Bien vite, vraiment ? Poudre aux yeux, diront les détracteurs de Jésus. Mais ont-ils bien entendu et compris ce que Jésus dit dans cet évangile ? Il ne fait pas de la seule prière le moyen d’être exaucé rapidement, mais il demande la foi exprimée dans la prière. Ce qui justifie la finale : « Le Fils de l’homme, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? » La prière est donc l’occasion et le moyen de nous tourner vers Dieu, mais c’est bien la foi qui nous permet d’être entendu et exaucé. Cette foi dont Jésus nous dit ailleurs qu’elle est capable de déplacer les montagnes, cette foi qui, dans l’évangile guérit et sauve, comme il nous l’a été rappelé dimanche dernier avec les lépreux.

      Peut-on dire alors de cette femme implorante qu’elle avait la foi ? L’évangile n’en dit apparemment rien : on sait seulement qu’il s’agissait d’une veuve, et donc probablement d’une personne qui avait des difficultés à « joindre les deux bouts », ce qui explique déjà son insistance. Mais en fait, on en sait un peu plus à cause du juge. Il nous est dit de celui-ci, à deux reprises, qu’il ne craignait pas Dieu : ce qui laisse clairement entendre, par contraste, que la femme craignait Dieu, elle. Alors, s’’il ne lui est pas dit, comme au lépreux de la semaine passée, « va, ta foi t’a sauvée », telle est bien la réalité de ce qu’elle a vécu, et de ce que nous sommes nous aussi appelés à vivre. Si nous ne craignons pas de réclamer à Dieu avec insistance, dans la foi et dans une prière fervente.

Fr Hervé Ponsot op.

Lien avec la décoration florale du jour: Prier sans se lasser.

 

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