Je ne crois que ce que je peux toucher, de Fr Emmanuel Pisani

L’incrédulité de Saint-Thomas. Le Caravage

Caravage-l'incrédulité de saint Thomas

Jn 20, 19-31Jn 20, 19-31
French: Louis Segond (1910) - SEG

19 Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu`ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d`eux, et leur dit: La paix soit avec vous! 20 Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. 21 Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m`a envoyé, moi aussi je vous envoie. 22 Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit. 23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. 24 Thomas, appelé Didyme, l`un des douze, n`était pas avec eux lorsque Jésus vint. 25 Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. 26 Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d`eux, et dit: La paix soit avec vous! 27 Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. 28 Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit: 29 Parce que tu m`as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n`ont pas vu, et qui ont cru! 30 Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d`autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. 31 Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu`en croyant vous ayez la vie en son nom.  

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 » Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. « 

 

Homélie dominicale de Fr Emmanuel Pisani:
Version phonique uniquement:
Le texte qui suit n’est pas la version écrite de l’homélie de Fr Emmanuel Pisani.

 

Textes d’inspirations diverses.
Croire uniquement si l’on peut toucher ?
             Dans l’ Evangile de ce dimanche, ce que Thomas demande à voir et à toucher, ce n’est pas le Jésus d’avant. Mais les plaies qui signalent sa victoire sur la mort. Par là, il n’est pas différent des autres disciples. Les dix (il n’était pas présent lors de la première apparition et Judas s’était suicidé) dont l’accès à la foi a bénéficié de la vue des cicatrices que le Fils porte à présent pour toujours. En retard sur eux de huit jours, il va cependant bientôt les surpasser dans la foi.
            A vrai dire, je ne sais pas si la foi de Thomas a dépassé celle des autres. Mais c’est la première fois que le Christ est directement appelé  “Dieu” par un disciple. Thomas ne se contente donc pas de s ‘émerveiller d’une résurrection qui aurait simplement révélé la puissance du Christ. Comme celle de Lazare par exemple. Il découvre, au-delà de toute puissance imaginable, la venue à lui d’un Dieu qui n’est comparable en rien á celui qu’il imaginait. Un Dieu transpercé par nos clous et nos lances. Une faiblesse divine plus forte que toutes nos violences.
            Tout d’abord Thomas refusait de croire si auparavant il ne voyait pas, et ne touchait pas. Aucune interprétation du texte ne peut infirmer cette évidence. Bien plus que d’un simple doute, il s’agissait carrément d’incrédulité. Et d’ailleurs Jésus lui dira plus tard: « Ne sois plus incrédule mais croyant”. Pour croire que la mort a perdu son pouvoir et que Jésus est à jamais vivant, il lui faut la présence nouvelle et réelle de celui qui a été crucifié. C’est seulement à cet instant qu’il accédera à la plénitude de la foi.
            Probablement c’est aussi à ce instant que Thomas découvre que les plaies du crucifié sont les blessures d’un amour sans mesure. Elles deviennent maintenant,  pour lui comme pour les autres apôtres, le signe d’une miséricorde sans limites. Jésus n’est pas venu jeter de l’huile sur le feu de leur remords, mais répandre sur eux son souffle. Le souffle de sa puissance d’amour et de pardon. « Recevez l’Esprit Saint », leur-dit-il, allez vous aussi annoncer et exercer la miséricorde du Père en mon nom à tous ses enfants.
            Mais de qui Jésus parle-t-il quand il déclare « heureux ceux qui croient sans voir”? Serait-ce de nous ? A mon humble avis, ce ne peut être que de nous, ceux qu’il appelle ses enfants. Nous qui vivons notre foi, sans avoir vus les stigmates que Jésus a révélés en présence de ses disciples, mais au contraire sous le régime du non-vu, doublé de celui de l’absence.
            Notre foi que nous sommes invités à proclamer est source de paix, de joie et d’amour. C’est ce qu’Il a toujours voulu. Que Dieu continue de nous accompagner pour annoncer au monde qu’un pardon est toujours possible, et qu’il n’est pas toujours nécessaire de voir ou de toucher pour croire.
Lien vers la liturgie florale du jour: Chargés de mission.