La dure mission de prophète

Vendredi 20 novembre 2020
Férie de la 33è semaine du Temps Ordinaire
Ap 10,8-11 ; Ps 118 ; Lc 19,45-48
Homélie du frère Hervé Ponsot


Mes frères, chers amis en ligne, en est-il un parmi vous qui pense que la condition prophétique soit une condition enviable ? Si tel est le cas, il lui faut très vite relire ses fondamentaux, par exemple un récit de vocation : qu’il s’agisse de Jérémie ou d’Amos, et de quelques autres, les candidats ne se bousculent pas ; ils sentent trop bien les dangers du métier.

Le prophète Jérémie – Michel-Ange, fresque de la chapelle Sixtine, 1508-1512

Au fait, quel est-il ce métier ? Etymologiquement, le terme prophète veut dire « celui qui parle au nom d’un autre », en clair un porte-parole. Être porte-parole, on le voit bien aujourd’hui dans la communication des édiles, n’est pas un métier facile. Moins encore dans la Bible quand celui dont on doit transmettre les paroles est Dieu lui-même : qui n’a pas toujours que des louanges à adresser aux hommes, au contraire.

En outre, la difficulté ne vient pas seulement du contenu, mais aussi de la forme. Comment le prophète va-t-il s’exprimer pour transmettre la parole de Dieu ? Selon les deux modes que nous proposent les lectures d’aujourd’hui. D’abord, de manière évidente, par la parole elle-même qui, dans un premier temps, celui de l’accueil, est douce et qui devient dure et amère lorsqu’elle doit être prononcée : parce qu’elle est le plus souvent jugement. Ensuite, en deuxième lieu, par des gestes théâtraux destinés à frapper et interroger les spectateurs, telle l’expulsion des vendeurs du Temple dont il vient d’être question dans l’évangile. Pour un prophète, comme dirait un humoriste, « rien n’est simple ».

Alors, faut-il se garder d’être prophète ? A vrai dire, nous ne choisissons pas dès lors que le baptême nous fait prêtre, prophète et roi. Il s’agit là de l’un des éléments les plus importants de notre mission de chrétien : transmettre la parole de Dieu à ceux qui nous entourent pour qu’ils en reconnaissent la richesse et la force. Alors disons plutôt avec Moïse : « Puisse tout le peuple de Dieu être prophète », en paroles et en actes.

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