La Foi au cœur de l’épreuve… de Fr Denys Sibre.

La Foi au cœur de l’épreuve.

La Résurrection de la fille de Jaïre

La Résurrection de la fille de Jaïre – Gabriel Max (1878)

Mc 5, 21-43Mc 5, 21-43
French: Louis Segond (1910) - SEG

21 Jésus dans la barque regagna l`autre rive, où une grande foule s`assembla près de lui. Il était au bord de la mer. 22 Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, l`ayant aperçu, se jeta à ses pieds, 23 et lui adressa cette instante prière: Ma petite fille est à l`extrémité, viens, impose-lui les mains, afin qu`elle soit sauvée et qu`elle vive. 24 Jésus s`en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait. 25 Or, il y avait une femme atteinte d`une perte de sang depuis douze ans. 26 Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu`elle possédait, et elle n`avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant. 27 Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement. 28 Car elle disait: Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. 29 Au même instant la perte de sang s`arrêta, et elle sentit dans son corps qu`elle était guérie de son mal. 30 Jésus connut aussitôt en lui-même qu`une force était sortie de lui; et, se retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes vêtements? 31 Ses disciples lui dirent: Tu vois la foule qui te presse, et tu dis: Qui m`a touché? 32 Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. 33 La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s`était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité. 34 Mais Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t`a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal. 35 Comme il parlait encore, survinrent de chez le chef de la synagogue des gens qui dirent: Ta fille est morte; pourquoi importuner davantage le maître? 36 Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue: Ne crains pas, crois seulement. 37 Et il ne permit à personne de l`accompagner, si ce n`est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques. 38 Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. 39 Il entra, et leur dit: Pourquoi faites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous? L`enfant n`est pas morte, mais elle dort. 40 Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père et la mère de l`enfant, et ceux qui l`avaient accompagné, et il entra là où était l`enfant. 41 Il la saisit par la main, et lui dit: Talitha koumi, ce qui signifie: Jeune fille, lève-toi, je te le dis. 42 Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonnement. 43 Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose; et il dit qu`on donnât à manger à la jeune fille.  

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« Talitha koum »

« Jeune fille, je te le dis, lève-toi! »

 

Homélie dominicale de Fr Denys Sibre:

Version phonique:

Version écrite:

La Foi au cœur de l’épreuve.

   Un homme, une femme, en grande souffrance.

   L’homme, c’est JAÏRE, un chef de synagogue. Le voilà face à des amis qui, de leurs propres yeux, ont vu sa petite fille mourir et qui veulent l’empêcher de déranger plus longuement Jésus.

   Et la femme, elle souffre depuis longtemps d’hémorragies chroniques et aucune médecine humaine n’a pu la soulager. Quelle force chez elle ! Quelle détermination il lui a fallu pour se frayer un chemin à travers la foule, dans l’espoir de toucher en cachette le bord du vêtement de Jésus !

   A JAÏRE, prêt à s’effondrer en apprenant la mort de sa fille, Jésus se contente de dire : ‟ Ne crains pas, crois seulement ! ” – Il faudra beaucoup de courage à ce pauvre homme mais il ira loin, il ira même très loin. Il ira jusqu’à croire à l’impossible : le retour à la vie de sa petite fille.

   Et à la femme malade, toute honteuse d’avoir été découverte en flagrant délit de ce qu’on pourrait appeler un enfantillage, Jésus donne cette confirmation : ‟ Ma fille, ta foi t’a sauvée ! Va en paix et sois guérie de ton mal ! ”

    Chez l’un et chez l’autre, tout est dans la foi. Mot central de cet Évangile. Les deux miracles : le retour à la vie de la petite fille et la guérison de la femme sont obtenus par la foi.

   La foi au cœur de l’épreuve, qu’est-ce que c’est ? Une ouverture à Jésus. Notre main dans la sienne. Notre regard rivé au sien. La foi, c’est ne pas lâcher Jésus. C’est croire qu’il est Le Vivant et que sans Lui nous perdons souffle. Lui Seul peut nous faire remonter de l’abîme. Lui Seul est capable de changer nos habits funèbres en parure de joie comme le chante Le Psaume 29.

   Quelle bonne nouvelle !

   Il y a d’autres aspects de cet Évangile qui retiennent l’attention.

  Tout d’abord l’attitude de Jésus devant la mort de la petite fille. Il est là . Plus silence que parole. Il nous laisse une précieuse leçon. Son attitude ne peut qu’inspirer notre conduite.

   Devant quelqu’un qui vient de mourir, laissons nous d’abord heurter et commençons par nous taire, surtout lorsqu’il s’agit d’une mort particulièrement heurtante, celle d’un vivant en pleines responsabilités, celle d’une petite fille, celle d’un innocent ou celle d’un de ces innombrables piétinés de l’existence. Oui, taisons nous d’abord, notre parole risque d’être tellement verbiage, signe d’absence ! Soyons plutôt présents par tout nous même de cette présence paisible, dense, chaleureuse, silencieuse, priante, qui en dit déjà très long, parce qu’elle rejoint les autres là ou les mots ne peuvent atteindre, au tréfonds de leur peine. Un silence qui est à l’opposé de tout mutisme.

   Un autre aspect encore : la femme hémorroïsse et JAÏRE… Oui deux personnes du passé mais aussi deux personnes d’aujourd’hui :

   En elle qui a couru de médecin en médecin, j’aime voir notre génération qui court de systèmes en théories, de maîtres à gourous sans guérir de son mal profond. Si cette génération vient avec foi à toucher le vêtement du Christ, son Évangile, son Église, elle pourra ressentir le frisson de sa guérison profonde.

    JAÏRE aussi a eu  raison, parce qu’il n’y a pas d’autre issue positive au désespoir de l’homme que La Foi.

   En lui, JAÏRE, assailli par les siens qui lui disent : ”A quoi bon la démarche que tu fais ? ” et qui finalement se moquent de lui, j’aime voir l’homme de foi en butte aux sourires et aux railleries. Mais il croit. Il fait confiance. Il a raison parce qu’il n’y a pas d’autre issue positive au désespoir de l’homme : ‟ A qui irions-nous, Seigneur, Toi Seul a les paroles de la vie.

Fr Denys SIBRE op.

Lien vers la décoration florale du jour: La main tendue…