Qui dîtes-vous que je suis ? de Fr Hervé Ponsot.

La prière vient modifier notre propre cœur,  pour le rendre plus en phase avec celui de Jésus.

 Saint Jérôme en prière

Saint Jérôme en prière – Joseph-Marie Vien (vers 1755)

Mc 8, 27-35Mc 8, 27-35
French: Louis Segond (1910) - SEG

27 Jésus s`en alla, avec ses disciples, dans les villages de Césarée de Philippe, et il leur posa en chemin cette question: Qui dit-on que je suis? 28 Ils répondirent: Jean Baptiste; les autres, Élie, les autres, l`un des prophètes. 29 Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre lui répondit: Tu es le Christ. 30 Jésus leur recommanda sévèrement de ne dire cela de lui à personne. 31 Alors il commença à leur apprendre qu`il fallait que le Fils de l`homme souffrît beaucoup, qu`il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu`il fût mis à mort, et qu`il ressuscitât trois jours après. 32 Il leur disait ces choses ouvertement. Et Pierre, l`ayant pris à part, se mit à le reprendre. 33 Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit: Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n`as que des pensées humaines. 34 Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu`un veut venir après moi, qu`il renonce à lui-même, qu`il se charge de sa croix, et qu`il me suive. 35 Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera.  

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  et Ps 114, 9Ps 114, 9
French: Louis Segond (1910) - SEG

 

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« J’aime le Seigneur : il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille : toute ma vie, je l’invoquerai ».

 

Homélie dominicale de Fr Hervé Ponsot: Qui dîtes-vous que je suis ?

Version phonique:

Version écrite:

Qui dîtes-vous que je suis ?

   Frères et sœurs, quelle image vous faîtes-vous de Jésus ? Il ne suffit pas de dire avec Pierre « tu es le Christ », mais de quel Christ parlons-nous ? Grand, petit, brun blond, cheveux filasse ou bouclés, généreux, boudeur… ? Chacun de nous se fait une idée, et c’est d’ailleurs pour moi la raison pour laquelle il m’est si difficile de voir un film où apparaît Jésus, fût-il aussi beau que celui de Pasolini : le Jésus que je vois n’est pas « mon » Jésus.

   Mais je vais préciser ma question : ce Jésus dont vous portez l’image est-il réaliste ? Je ne parle pas du Jésus sanglant de Mel Gibson, mais de ce Messie pauvre, humilié, blessé, délaissé qu’annonce aujourd’hui le livre d’Isaïe ; ou de celui rejeté, tué, qui plus est comme ils le verront plus tard, crucifié, que Jésus propose à ses disciples ? Je crois que n’importe lequel d’entre nous aurait aujourd’hui autant de mal que Pierre en a eu à son époque.

   En fait, j’ai le sentiment que, pour une part plus ou moins grande, nous idéalisons tous Jésus, que nous le voyons tel que nous voudrions qu’il soit et non pas tel qu’il fût vraiment ou tel qu’il voudrait être pour nous : par peur d’une telle image, par peur de ce qu’il est et de ce qu’il pourrait nous demander. J’y vois l’une des raisons pour lesquelles il nous est si difficile de le reconnaître dans ce mendiant couché à notre porte, dans ce vieillard oublié dans sa maison de retraite, dans cet handicapé aux membres désarticulés, dans cette veuve isolée… Du coup, nous sommes bien souvent de ces personnes dont nous a parle la lettre de Jacques et dont la foi manque cruellement de mise en œuvre.

   Sans doute faut-il souligner que, même en ayant dans nos cœurs et nos pensées la réalité d’un Jésus pauvre et délaissé, cela ne suffit pas toujours à faire le pas décisif de le reconnaître dans ceux qui présentent ce visage : je pense souvent à cet égard à notre père Saint François devant son fameux lépreux. Pour le dire avec les mots de Jésus, renoncer à soi-même, prendre sa croix et suivre notre Sauveur ne vont jamais de soi, même si, pour une part, nous voudrions y répondre parce que nous savons que c’est la meilleure des choses pour nous.

   C’est ici qu’intervient, me semble-t-il, la prière, cette prière à laquelle Jésus lui-même était fidèle : pour nous, dans les moments les plus difficiles, elle ne vise pas vraiment à modifier une situation, encore moins à changer ceux qui sont en face de nous le cas échéant comme le lépreux de François, qui reste un lépreux. Non, la prière vient modifier notre propre cœur pour le rendre plus saignant, plus compatissant, plus en phase avec celui de Jésus. La prière nous transforme nous, et c’est pourquoi elle nous permet ensuite de faire ce que nous ne nous serions pas crus capables de faire. Comme de recevoir le Christ tel qu’il est et de perdre notre vie pour notre prochain.

Fr Hervé Ponsot op.

Lien vers la décoration florale du jour: Prenons notre croix…