« Tu es mon Fils Bien-Aimé ! » de Fr Denys Sibre.

 » Tu es mon Fils Bien-Aimé! « 

Jésus baptisé par Jean

Lc 3, 15-16. 21-22Lc 3, 15-16. 21-22
French: Louis Segond (1910) - SEG

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« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

 

Homélie dominicale de Fr Denys Sibre:  » Tu es mon Fils Bien-Aimé ! En toi j’ai mis tout mon amour!  »

Version phonique:

Version écrite:

 » Tu es mon Fils Bien-Aimé ! En toi j’ai mis tout mon amour ! « 

     Dimanche dernier, en la fête principale de l’Épiphanie, l’Église attirait plus particulièrement l’attention sur la manifestation de Jésus à ces mages venus d’Orient. C’était l’Épiphanie de l’Enfant-Dieu, qui se donne comme un cadeau aux païens, à vrai dire à tout homme d’où qu’il vienne.

     Aujourd’hui, en ce deuxième dimanche de l’Épiphanie, c’est la venue de Jésus au Jourdain pour y recevoir le Baptême de Jean, qui concentre notre attention et notre prière. Ce n’est plus l’Épiphanie de l’enfance. C’est plutôt l’Épiphanie de l’âge adulte, l’Épiphanie des trente ans. L’Épiphanie du choix. Oui, aujourd’hui, Jésus choisit de s’engager dans les eaux de l’humanité à aimer et à sauver. Ainsi l’Incarnation s’accomplit en sa plénitude. Le voilà l’Agneau de Dieu! Il se laisse baptiser sans dire un mot. Il ne se montre pas. Il est plutôt montré par son Père : « Voici mon Fils Bien-Aimé ! En lui j’ai mis tout mon amour ! » Épiphanie du Jourdain ! Épiphanie du choix ! Épiphanie qui engage et qui coûte ! Épiphanie qui trouvera son point culminant dans l’instant du Baptême du Calvaire !

     Aujourd’hui, Jésus nous ouvre un chemin. Son Baptême est pour nous un prélude. Le Baptême, nous le croyons, est ce sacrement au cours duquel Dieu déclare que nous sommes ses héritiers (Rm 8, 17Rm 8, 17
French: Louis Segond (1910) - SEG

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) : « Toi aussi, nous dit-il, tu mon Fils Bien-Aimé ! En toi aussi j’ai mis tout mon amour ! »

     Pour comprendre cela, il faut peut-être commencer par retrouver le sens originel du mot BAPTÊME. Pour exprimer cette grande vérité sacramentelle, les premiers chrétiens ont emprunté un mot de leur temps appartenant à la vie de tous les jours. Un mot appartenant à vrai dire au vocabulaire des métiers. Et ce mot c’est le verbe BAPTÔ qui a donné baptiser et bien sûr Baptême. Un mot riche de sens. J’en relève les principaux :

     Un premier sens du mot Baptême : LAVER, PURIFIER.

     Comme on lave son linge. Comme on lave son corps. Un mot de blanchisseuse.

     Le Ps 50 dit : « Lave-moi Seigneur de mon péché et je serai blanc plus que neige ». Le Baptême, c’est une plongée dans l’eau du pardon qui lave nos vies, qui purifie nos cœurs et nous agrège en même temps à la communauté des grâciés. Oui, le Baptisé est un homme rendu net, rendu propre.

     Un deuxième sens de ce mot Baptême : TEINDRE.

     Comme on teint une pièce d’étoffe, comme on teint un vêtement. Un mot de teinturier.

     Il y a déjà bien des années, un teinturier avait affiché cette publicité : « Teindre, c’est rajeunir ! » Eh oui ! Lors du Baptême, Dieu vient nous rajeunir. Il descend au plus profond de nos fibres d’hommes et nous inonde de sa lumière et de ses couleurs. Le baptisé devient alors un être tout neuf, tout jeune, lumineux. Plus question pour lui d’endosser les vêtements du vieil homme parce qu’il est devenu témoin de la nouveauté pascale. Il doit porter bien haut les couleurs du Christ dans l’ordinaire des jours, dans la simplicité de son comportement et sans jamais éclabousser.

     Un troisième sens du mot Baptême: COULER, SOMBRER, ENSEVELIR. Un mot de marin.

Autrement dit, le Baptême est comme un ensevelissement : Le vieil homme meurt en coulant dans les bas-fonds, mais il remonte aussitôt, ressuscité. Comme le Christ est déjà remonté de la mort. Désormais, palpite à l’intime du baptisé une vie qui n’aura pas de fin. Désormais, quelqu’un le tient par la main et s’il se laisse faire il atteindra bon port, le port de la sainteté.

     Un quatrième sens du mot Baptême : TREMPER.

Comme on trempe le fer dans l’eau quand il a été rougi au feu pour le rendre solide. Un mot de forgeron.

Ainsi celui qui est plongé dans l’eau du Baptême et le feu de l’Esprit-Saint est rendu fort pour la mission. C’est un homme de bonne trempe, et non un métal mou.

     Chrétien mon frère, tu le vois, très grand est le métier du baptisé ! Fais souvent mémoire de ton Baptême ! Dis-toi que ce que tu as reçu, c’est du vrai, du très vrai ! Rappelle-toi que tu as été arraché à l’empire des ténèbres et agrégé à la Communion des Saints ! Rappelle-toi que tu es doté d’une noblesse insurpassable qui s’appelle la filiation ! Rappelle-toi   qu’il y a en toi plus que toi même ! La Trinité Sainte a établi en toi sa demeure, tu es maison de Dieu ! Rappelle-toi   que dans tout ce que tu fais, tu es invité à laisser passer le Christ ! Puisses-tu dire avec bonheur à ceux qui te sont proches comme à ceux qui te sont moins proches : « Pour moi qui suis baptisé, vivre c’est le Christ ! »

Fr Denys Sibre op.

Lien avec la décoration florale du jour: Ouvrir son cœur à Dieu… et aux autres.