Une journée quotidienne en trois étapes… de Fr Rémy Bergeret.

Jésus guérit le forcené – Art médiéval serbe

 Le Christ guérit le forcené

Mc 1, 29-39Mc 1, 29-39
French: Louis Segond (1910) - SEG

29 En sortant de la synagogue, ils se rendirent avec Jacques et Jean à la maison de Simon et d`André. 30 La belle-mère de Simon était couchée, ayant la fièvre; et aussitôt on parla d`elle à Jésus. 31 S`étant approché, il la fit lever en lui prenant la main, et à l`instant la fièvre la quitta. Puis elle les servit. 32 Le soir, après le coucher du soleil, on lui amena tous les malades et les démoniaques. 33 Et toute la ville était rassemblée devant sa porte. 34 Il guérit beaucoup de gens qui avaient diverses maladies; il chassa aussi beaucoup de démons, et il ne permettait pas aux démons de parler, parce qu`ils le connaissaient. 35 Vers le matin, pendant qu`il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. 36 Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche; 37 et, quand ils l`eurent trouvé, ils lui dirent: Tous te cherchent. 38 Il leur répondit: Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j`y prêche aussi; car c`est pour cela que je suis sorti. 39 Et il alla prêcher dans les synagogues, par toute la Galilée, et il chassa les démons.  

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« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies. »

 

Homélie dominicale de Fr Rémy Bergeret: Notre journée quotidienne en trois étapes…

Version phonique:

Version écrite:

Notre journée quotidienne en trois étapes….

   L’autre jour déjà, en semaine, nous étions confrontés à un découpage un peu étonnant de l’Écriture, assez descriptif, au point de s’interroger : en quoi le passage était-il vraiment une Bonne nouvelle ? La finale de l’évangile de ce jour nous relate au moins que Jésus proclamait l’Évangile, sans nous en préciser le contenu.

   Le présent récit rapporte une journée quotidienne, ordinaire dans l’existence de Jésus et ce qui nous est dit structure ce quotidien en trois temps : il guérit/ il prie/ il enseigne. Nous retrouvons ces trois éléments dans un ordre parfois différent, mais toujours associés.

   Je ne m’arrêterai pas cette fois-ci à la guérison de la belle-mère de Pierre, qui prête à diverses interprétations. En revanche, je remarque que Jésus guérit beaucoup, des gens atteints d’un mal(toutes sortes de maladies) et des possédés par les démons, à qui il impose le silence. C’est le fameux secret messianique, cher à St Marc : il y a un temps, un moment où le Messie sera révélé, manifesté et il convient de le respecter.

   Par ailleurs, Jésus prie : cela peut paraître évident, mais cette mention mérite d’être signalée. Il prie son Père, bien sûr, très tôt matin, dans un endroit désert. C’est le mode propre de la prière de Jésus, qui sera constamment repris par les contemplatifs, les ermites, les mystiques : ceci pour la prière personnelle, l’oraison, le cœur à cœur.

   Cette prière, à n’en pas douter, prépare la proclamation de l’Évangile et l’enseignement qui ne peut se limiter à un endroit précis, mais doit s’étendre à tous les autres villages de Galilée, puis à la Judée et enfin Jérusalem. Ainsi, guérir, prier, enseigner forment un tout, la chair de l’existence quotidienne de Jésus.

   En quoi ce quotidien de Jésus informe-t-il notre quotidien ? Quelle actualité pour cette trilogie, telle que nous l’avons discernée ?

Guérir, c’est l’œuvre du salut

   Guérir, c’est l’œuvre du salut, concrète : il nous revient aujourd’hui d’accomplir le service de la charité auprès de nos frères malades(physiques, moraux, mentaux), par une présence d’écoute, une parole de consolation en bref, la compassion et la miséricorde en actes. Il convient d’agir -à notre mesure- sur les corps et les esprits. C’est la ‘diakonia’ où le serviteur est Roi.

Prier, c’est célébrer sa foi

   Prier, c’est célébrer sa foi: autrement dit, l’exercice du sacerdoce commun ; chacun de nous est prêtre, par la grâce du baptême, qui nous rend ‘capax Dei’, capable de d’entrer en relation avec Dieu, de le prier, de nous offrir à Lui.

Enseigner, c’est-à-dire proclamer l’Évangile

   Enseigner, c’est-à-dire proclamer l’Évangile, c’est témoigner du Christ Ressuscité (marturia), autrement dit être prophète ; c’est la grâce de la confirmation. Alors, roi, prêtre et prophète ou ‘prêtre, prophète et roi’, la terminologie du Concile Vatican II, peu importe l’ordre ; l’important est que les trois dimensions sont solidaires, ont structuré le quotidien de Jésus et continuent d’animer notre existence chrétienne.

   Ainsi, l’évangile que nous avons entendu n’est pas si loin(lointain) ou étranger. Il nous décrit ce que nous avons à faire, ici et maintenant.

   Et si nous étions en peine d’imagination ou d’action, le Carême qui va s’ouvrir dans dix jours constitue un puissant stimulant en la matière. Avec l’appel au jeûne, à la prière et à l’aumône Oui, prêtre, prophète et roi nous le sommes. A nous de laisser l’Esprit saint réactiver en nos cœurs toutes ces potentialités, ces grâces ! Amen.

Fr Rémy Bergeret op.

Lien vers la décoration florale du jour: Jésus Sauveur…