Unité, vérité, amour vrai, et miséricorde… de Fr Jorel François

Unité, vérité, amour vrai, et miséricorde…

La Sainte Trinité

La Trinité: Père, Fils, Esprit saint, une communion d’amour entre ces trois personnes.

Jn 17, 20-26Jn 17, 20-26
French: Louis Segond (1910) - SEG

20 Ce n`est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu`eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m`as envoyé. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m`as donnée, afin qu`ils soient un comme nous sommes un, - 23 moi en eux, et toi en moi, -afin qu`ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m`as envoyé et que tu les as aimés comme tu m`as aimé. 24 Père, je veux que là où je suis ceux que tu m`as donnés soient aussi avec moi, afin qu`ils voient ma gloire, la gloire que tu m`as donnée, parce que tu m`as aimé avant la fondation du monde. 25 Père juste, le monde ne t`a point connu; mais moi je t`ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m`as envoyé. 26 Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l`amour dont tu m`as aimé soit en eux, et que je sois en eux.  

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 » Pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux,
et que moi aussi, je sois en eux. « 

Homélie dominicale

 

de Fr Jorel-François

 

Version phonique:

Version écrite:

      Unité, vérité, amour vrai, et miséricorde…

     Sœurs et frères, vous aurez remarqué que nous sommes ici à la fin d’un chapitre dans l’évangile selon Saint Jean mais en même temps à un tournant dans la vie de Jésus : il est pour ainsi dire à la fin de son œuvre, laquelle, si on en croit ce qui est rapporté, consiste à faire connaître Dieu, à montrer le Père. Jésus fait connaître Dieu et veut que le monde le sache (Jn 17, 4.25-26Jn 17, 4.25-26
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). Et il prie pour conserver dans la vérité, l’unité, préserver du monde, du mensonge, de la discorde, ceux à qui il a fait
connaître le Père, et tous ceux qui, par eux, et donc indirectement par lui à travers eux, connaîtront le Père, bénéficieront de l’œuvre pour laquelle il était venu : qu’ils soient un comme toi et moi, Père, nous sommes un… (Jn 17, 21Jn 17, 21
French: Louis Segond (1910) - SEG

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).

     Le drame fondamental du monde est que l’œuvre de Jésus est méconnue, ignorée. Si le monde est mauvais, si le mensonge fleurit plus que jamais, si la discorde triomphe et que l’amour et le pardon font plutôt profil bas, c’est que l’œuvre de Jésus qui consiste à faire connaître Dieu tel qu’il le connaît, tel qu’il l’enseigne ou l’a enseigné, c’est que ce message est resté ignoré. Ou à tout le moins, ceux qui l’ont connu, ceux qui l’ont reçu ne l’ont pas bien reçu ; peut-être pour ne l’avoir pas assez bien compris.

     Ceux qui ont accepté le message, ce sont évidemment les disciples – implicites et explicites. Ils ont accepté le message peut-être tout en l’ayant assez mal compris. L’ayant mal compris, ils l’ont alors mal gardé. Les disciples n’ont peut-être pas assez compris qu’il s’agit essentiellement d’un message de vérité, d’unité, d’amour. Le Dieu de Jésus Christ est un Dieu de vérité, de miséricorde et d’amour. Vérité, miséricorde, amour et pardon : autant de modalités, de facettes pour exprimer, désigner une même et unique réalité. Et chacune de ces modalités, chacune de ces facettes est importante, chacune est à garder, chacune est à vivre et à communiquer dans son unicité et sa différence.

     C’est pour n’avoir peut-être pas compris cela, pour ne l’avoir pas intégré, vécu et transmis, pour n’avoir pas témoigné de cette vérité, de cette charité, de cette miséricorde, de cette unité que le monde ne croit pas.

     Les « disciples » ont sans doute altéré le message, parfois en le surchargeant de fioritures, et d’autres fois en y retranchant de son essence (Apt 22, 18-19). Ils ont divisé Dieu tout comme eux-mêmes sont divisés. Ils sont divisés parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas dans la vérité, ils savent qu’ils sont infidèles à l’essence du message et c’est pourquoi ils ne peuvent pas non plus s’aimer.

     Mais qu’est-ce que s’aimer, qu’est-ce qu’être fidèle au message, être dans la vérité et vivre dans l’unité ?

    Au moins une de ces questions a été posée à Jésus sous une certaine forme, et il n’a pas, ou n’y aurait pas répondu. Peut-il alors aller de soi être fidèle, s’aimer les uns les autres, vivre en vérité dans la vérité, vivre l’unité en vérité dans le pardon mutuel?

     Pourquoi Jésus n’a-t-il ou n’aurait-il pas répondu à la question posée sur la nature de la vérité au point de finir pendu, mort au gibet et mis au tombeau ?

     Serait-ce tout simplement parce que la vérité, c’est lui, et que la vérité serait morte avec lui ? Serait-ce parce que l’amour, la miséricorde, c’est lui et que nos amours seraient mortes en la mort de Jésus, et que la preuve qu’il est la miséricorde est qu’il est mort en pardonnant ? L’unité, serait-ce Jésus lui-même et qu’elle soit morte avec Jésus ? Serait-ce parce que l’on ne peut faire la vérité, faire l’unité et s’aimer en vérité dans la charité qu’en Jésus, autour de Jésus, que si vraiment Jésus est dans ce que l’on vit à tout instant et ainsi pouvoir en tout temps en témoigner ?

     Mais ce Jésus pendu à la croix, mort et mis au tombeau, ne le confessons-nous pas vivant, victorieux de la haine, de la division, de la mort et monté aux cieux ?

     Jésus mort et ressuscité, Jésus monté aux cieux mais en même temps présent au milieu de nous jusqu’à la fin du monde, ne serait-il pas déjà le paraclet attendu, celui que l’on appelle, qui est à côté de chacun de nous, tel l’Esprit, l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs ; ne serait-il pas la vérité que nous cherchons avec tellement de fébrilité et d’empressement, ne serait-il pas notre unité, celui qui nous tient, nous défend et nous fait tenir ensemble dans la vérité, dans la charité et l’unité ?

     Sœurs et frères, l’unité à laquelle nous sommes invités n’est pas l’unité morte, l’unité-indifférenciation, l’unité-fusion, tout compact, totalité indivisible, unité-uniformité, unité-confusion. Dans l’unité-uniformité il n’y a pas de place pour la vérité, pour l’amour, parce qu’il n’y a pas de place pour la réalité, pour la diversité. La réalité est diverse, dynamique, vivante ; diverse en tant qu’elle se dit de façon multiple. Dans l’unité tout-compact-indivisible, il n’y a pas de place pour la diversité, pour la différence.

     L’unité comme un tout compact est le lieu de la fusion-confusion, lieu de l’indistinction, de la réaction en bloc, de la réaction en meutes (Actes 7, 57-58es 7, 57-58
French: Louis Segond (1910) - SEG

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), lieu où l’on ne se pense pas comme différent, lieu où l’on ne pense pas du tout, car pour penser encore faut-il être vivant et pouvoir prendre de la distance, se saisir comme autre, comme différent.

     Ou si l’on arrive à penser ou se penser dans le tout-compact, on pense ou se pense comme indistinction, comme multiplication du même, on se pense comme clone ; on se contente de répéter, de se répéter et s’applaudir. Gare à une note de travers : il s’agit d’être tous dans la « mêmeté », être tous pareils, suivre tels les moutons de Panurge. On se pense alors comme unité morte, comme réalité sclérosée, comme réalité figée.

     L’unité dont il est question dans la prière de Jésus n’est pas dans la répétition du même. Déjà cette prière elle-même n’est pas celle d’un autre, reprise, mille et une fois aboyée, rabâchée, mais telle le Notre-Père, une prière inédite, unique, personnelle.

     L’unité à laquelle appelle Jésus est dynamique, vivante. Elle respecte l’unicité, l’individualité, l’indivisibilité de la personne, son entièreté, sa totalité. C’est une unité qui accepte la diversité, la différence ; une unicité-différence qui invite, appelle à entrer en dialogue avec l’autre, qui est lui aussi, une unité-différence, qui est lui aussi une autre totalité. Deux, trois, plusieurs totalités qui acceptent qu’une parole puisse se glisser entre elles, pour les réveiller à elles-mêmes, et empêcher la clôture, l’enfermement sur soi. L’unité à laquelle Dieu appelle l’humanité est donc tout ou presque, sauf uniformité, fusion, clôture, mimétisme plat, tous-pareils, tous-identiques sans inventivité, sans créativité.

     Être un n’est ni être uniforme ni ne pas être différent les uns des autres. Être un, c’est seulement ne pas être divisé. Divisé en soi-même, divisé, irrémédiablement brouillé avec les autres. Dieu est un mais différent, divers mais indivisible. L’unité à laquelle nous sommes appelés est donc à l’image de celle du Père et du Fils dans l’Esprit. Père, qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un. Relation non infantile ni infantilisante, relation de gens qui ne sont pas en manque de confiance en eux-mêmes, relation d’adultes bien dans leur peau, et qui s’assument en tant que différents les uns des autres, en tant que vivants, traversés, travaillés par l’Esprit.

     C’est cela, me semble-t-il, notre vérité. C’est en tant que tel que nous pouvons nous aimer d’un amour vrai et non narcissique. C’est en tant que tel que l’unité est possible sans qu’elle ne soit uniformité, clôture, enfermement. Une unité à faire mais en même temps, une unité reçue ou à recevoir de Dieu.

     Demandons à Jésus, sœurs et frères, de prier le Père de nous envoyer l’Esprit, qui est aussi celui du Fils, pour qu’il nous consacre dans la vérité, dans la charité, la miséricorde et l’unité. Amen.

fr. Jorel François op.

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