Nous nous ferons chez lui une demeure

Prédication du frère Thierry-Marie Hamonic le 11 mai (sur Jn 14,21-26)


Se faire une demeure

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui  et chez lui, nous nous ferons une demeure ».

 Ce petit verset 23, d’une extrême densité, est aussi fascinant que difficile à saisir.

Fascinant, parce qu’il met à jour la source d’où jaillit ce qu’il y a de plus authentiquement chrétien dans notre vie : cette source, c’est la présence active du Père et du fils qui ont établi établi leur demeure.

Verset fascinant, mais aussi particulièrement difficile à comprendre, notamment parce qu’on ne voit pas bien en quoi garder la parole de Jésus a pour conséquence l’inhabitation en nous du Père et du Fils.

Reprenons donc l’une après l’autre les 3 affirmations contenues dans le verset 23

1) « Si quelqu’un m’aime il gardera ma parole ».

Lorsqu’on aime intensément une personne, on désire entrer en communion avec elle. Or pour y parvenir deux choses au moins sont nécessaire : d’abord il faut accéder au mystère de son identité ; ensuite, dans la mesure du possible, il faut que notre volonté soit harmonisée avec la sienne. Mais il y a cela une condition : il faut que cette personne daigne révéler qui elle est et ce qu’elle veut profondément. Comment ? Par des paroles.

Il en va de même à bien plus forte raison quand il s’agit d’aimer le Christ : on accueille avidement sa parole car tout à la fois elle nous dévoile le Mystère du Fils éternel engendré par le Père, et sa volonté à laquelle on désire correspondre.

2) «… et mon Père l’aimera ».

Quel rapport entre cette garde amoureuse de la parole de Jésus et l’amour du Père ? Bien sûr, nous ne devons pas imaginer que le Père attendrait que nous gardions la parole de son Fils pour se mettre à nous aimer. Nous le savons bien : c’est le Père qui nous a aimé le premier, lui qui nous a tant aimés qu’il nous a donné son Fils unique.

Il reste pourtant ceci : l’amour que le Père nous porte ne peut devenir un amour de communion, cet amour réciproque qui défini d’amitié que si nous nous efforçons de vivre de la parole de Jésus. Pourquoi ? Le v. 24 va l’expliquer « ma parole n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé » Eh oui ! Garder amoureusement la parole de Jésus n’est rien d’autre qu’accueillir la parole du Père, puisque Jésus n’est rien d’autre que le Verbe du Père. Voilà pourquoi le Père aime de cet amour de communion celui qui garde fidèlement la Parole de son Fils.

3) Mais comment comprendre alors la troisième affirmation : et nous viendrons vers lui et nous ferons chez lui notre demeure.

Comment expliquer que l’amour du Père pour ceux qui gardent les paroles de son Fils ait pour effet ce prodige qu’est la venue en personne du Père et Fils qui fait de notre cœur le lieu où il établit sa résidence ?

Eh bien il faut se référer au verset 26 : le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout  et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

Le Père, avons-nous dit, aime ceux qui s’efforcent de garder les paroles de son Fils, or cet amour se traduit par un don : celui de l’Esprit Saint. Et c’est ici que tout s’éclaire.

En effet, l’Esprit est en personne l’amour par lequel le Père et le Fils s’aiment mutuellement, il est en personne cette communion du Père et du Fils. Aussi, dès lorsque l’Esprit s’immisce en nous, il y attire à sa suite le Père et le Fils qui font en nous leur demeure. C’est l’Esprit qui nous fait garder les paroles de Jésus de telle sorte qu’il devienne réellement présent en nous, et c’est lui encore qui nous incite à crier comme lui Abba Père.

Une réponse à “Nous nous ferons chez lui une demeure”

  1. merci frère Thierry-Marie ! c’est en plein le sujet sur lequel je suis en train de plancher , une analyse du Mystère du Dieu Trinité dans la pensée de Pierre Teilhard de Chardin.

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