Faut-il s’inquiéter ?

Frères et sœurs, à écouter les lectures de ce jour, le moins que l’on puisse dire de ce Jour du Seigneur, ce temps de la fin qu’évoquent la première lecture et l’évangile, n’a rien de très réjouissant : en vrac, fournaise, guerres, désordres, tremblements de terre et j’en passe. Mais en y réfléchissant, n’est-ce pas ce que nous connaissons déjà aujourd’hui, et qu’en réalité, le monde pris dans son ensemble a toujours connu ? Alors, dans quel sens nous orientent nos lectures, faut-il s’inquiéter ou non ?

S’inquiéter sans doute, dans la mesure où ce monde nous a été confié à l’origine pour en cultiver le sol, pour emplir la terre et la soumettre, mais pas de la manière violente que nous constatons trop souvent. Cette violence n’est pas toujours loin de nous et attribuable aux autres, nous devons prendre conscience que notre péché quel qu’il soit y contribue. C’est précisément ce que suggère Jésus de manière forte dans cette alerte : « Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous ». Nous n’en sommes pas tout à fait là, au moins dans notre petite terre de France, mais il en va différemment dans de nombreuses autres régions et pays, que fuient leurs populations. Les fameux migrants !

Pourtant, Jésus tient à rassurer ses auditeurs : pourquoi s’inquiéter, « pas un cheveu de votre tête ne sera perdu ». Etonnante affirmation qui ne peut se comprendre qu’en référence à ce qui fait l’essentiel de notre vie, et dont je suis mal placé pour en parler parce qu’il est ici symboliquement représenté par les cheveux. Nous le savons tous, l’épreuve quelle qu’elle soit, est un formidable décapant, et aucune vie n’y échappe. Même pas celle de Jésus. Mais elle est aussi l’occasion d’une purification et d’un renouvellement. Osons le mot, d’une résurrection.

Faut-il alors, à l’imitation semble-t-il de certains des Thessaloniciens auxquels Paul s’adresse, nous croiser les bras et « attendre que ça vienne » ? Certainement pas. Je viens de le rappeler, notre péché ne concerne pas que nous, il a une incidence sur notre entourage, et, fût-ce à petite échelle, sur la vie du monde. Nous devons donc travailler, non seulement pour nous tenir à l’écart du péché, non seulement pour n’être pas à la charge de notre entourage autant que cela nous est possible, mais à l’inverse prendre a une part de cette charge. Comme l’ont fait Jésus, Paul à sa suite et tous les saints de notre histoire.

Frères et sœurs, voilà ce dont il faut s’inquiéter : fuir le péché, venir en aide à nos frères et sœurs qui peinent et souffrent, par toutes formes de partages. Pour reprendre les termes du prophète Malachie, c’est ainsi que le Soleil de justice se lèvera et apportera la guérison dans son rayonnement.

Textes : Malachie 3, 19-20a ; 2 Thessaloniciens 3, 7-12 ; Luc 21, 5-19

 

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