FIN DE VIE : MOBILISONS-NOUS !

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Nous laisserons-nous imposer une loi sur une « aide à mourir » qui, demain, nous poussera insidieusement vers la sortie ?

Fr. Damien Duprat – 4 juin 2026

Le constat est sans appel. Les tenants d’une légalisation de la mort médicalement provoquée ont d’ores et déjà échoué à convaincre de ce qu’ils osent prétendre: que cette mesure serait en harmonie avec les soins palliatifs. À l’Assemblée nationale comme au Sénat, le renforcement de ces soins a en effet reçu un soutien quasi-unanime ; il en va tout autrement pour la proposition de loi qui voudrait mettre en place, sous l’euphémisme d’ « aide à mourir », le suicide assisté et l’euthanasie. Ces dispositions n’ont été approuvées que par 54% des Députés présents en première lecture, puis 53% en deuxième lecture; dans le même temps, les votes « contre » ont gagné du terrain sur l’abstention, passant de 35% à 40%. Quant au Sénat, par deux fois il a profondément remanié le texte avant de le rejeter. Enfin, la Commission mixte paritaire mise en place ces derniers jours n’est parvenue à aucun accord.

Ce combat se situe d’abord sur le terrain de l’intelligence et du cœur. Aujourd’hui, notre code pénal punit la personne qui contribue au décès d’une autre, même à sa demande. Pour quelles raisons en est-il ainsi ? N’est-ce pas au nom de principes plus importants que toute législation, comme notre amour de la vie et la solidarité qui nous relie ? Cela vient du cœur ; introduire dans la loi des exceptions à la prévention du suicide, allant jusqu’à instaurer un « délit d’entrave à l’aide à mourir », s’oppose frontalement à l’élan d’humanité qui nous pousse à prendre soin les uns des autres, avec une compassion qui préserve la vie.

Les soins palliatifs sont d’une grande efficacité pour accompagner et soulager dans la maladie. Or, la France est loin d’en être correctement pourvue: « La moitié des décès environ justifierait des soins palliatifs, soit environ 300 000 personnes chaque année. Or à peine 40 % d’entre elles y ont accès » (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, brochure « Fin de vie – Les données du débat », avril 2025, p. 7). En plus d’être un scandale, cette situation fausse le débat et les sondages concernant la fin de vie. La mort administrée en vient à apparaître comme une issue souhaitable face à la douleur et à la dépendance.

Le geste qui donne la mort n’a pas sa place parmi les soins médicaux. Aurait-on oublié cette règle de sagesse, déjà formulée dans la Grèce antique par le serment d’Hippocrate (IVe siècle av. J.-C.) ? « Je ne remettrai à personne du poison, si l’on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ». Autoriser cela, même dans un cadre qui se veut strict, constitue par le fait même une incitation : ce qui est permis est censé être une bonne chose, et la tendance à favoriser l’option la moins coûteuse s’impose peu à peu.

N’est-ce pas ce qui se passe par exemple en Belgique, où l’euthanasie est légale depuis 2002 ? En 2017, le Dr Marc Moens, président de l’Association belge des syndicats médicaux, déplorait : « Depuis août 2016 et à la suite des problèmes budgétaires dans le domaine des soins aux personnes âgées, on commence à débattre d’une politique de l’euthanasie motivée par des considérations socio-économiques… Dans les journaux, on plaide aujourd’hui ouvertement en faveur de l’euthanasie des patients Alzheimer… » Ce triste constat est cité en page 75 du rapport d’information n°795 du Sénat français, intitulé Fin de vie : privilégier une éthique du soin (2023). Le même document fait état d’autres observations alarmantes, en Belgique et ailleurs (Canada, Pays-Bas…). Entrouvrir la porte de la mort sur ordonnance, c’est favoriser des mécanismes socio-économiques qui poussent à éliminer les personnes les moins valides et les plus fragiles.

Acceptons-nous que dans chacune de nos familles se pose bientôt la question de savoir qui d’entre nous est « éligible à l’aide à mourir » ? Cette perspective appelle bien davantage que des réserves. Nous sommes responsables d’exiger une politique qui protège, soutient et accompagne la vie de chacun, sans nous proposer la mort quand notre santé est défaillante.

Vivre dans un pays où la vie est respectée, cela se mérite ! Nous avons le pouvoir d’amplifier la résistance contre ce processus législatif délétère. Plusieurs associations reconnues se sont réunies en un collectif:
– les Associations familiales catholiques (AFC);
– l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH);
– le Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH);
– la Fondation Jérôme Lejeune;
– l’association Alliance Vita;
– la Marche pour la Vie.

Ces organisations informent et stimulent la réflexion sur les enjeux liés à ces questions. Elles appellent également les citoyens à se mobiliser en s’adressant aux Députés, alors que ce débat revient à l’Assemblée nationale dès ce mois de juin 2026. Le site « euthanasie-abandon », créé par ce collectif, facilite cette démarche.

Il est aussi utile de demander au Premier Ministre de remplacer ce processus législatif par un projet de loi de programmation visant à assurer le financement des soins palliatifs. Voici un site indiquant comment lui écrire par courriel.

La Fondation Jérôme Lejeune a aussi mis en place la pétition « stop euthanasie »: à nous de la faire monter en flèche !

MOBILISONS-NOUS MAINTENANT ! Bientôt il sera trop tard.

Parmi les nombreuses voix qui s’élèvent pour refuser que la société propose la mort aux personnes qui souffrent, on trouve aussi:
22 organisations soignantes réunies dans le collectif Soins de vie;
– le Front de gauche antivalidiste, auquel se rattachent plusieurs mouvements; 
Les éligibles et leurs aidants;
Soulager mais pas tuer;
– le Syndicat de la famille.

Invoquons l’Esprit de vérité et de force, afin d’oser regarder en face la gravité de ces enjeux et de nous lever pour éviter à la France de sombrer pour longtemps dans un tel malheur. Ce sera notre fierté, quoiqu’il arrive.


Signez et diffusez également cette autre pétition, au statut officiel (pour la signer il est nécessaire de s’identifier avec France Connect) :



Contribuez au débat public :

  • en partageant cette page;
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  • en diffusant ce feuillet (fichier PDF à imprimer en A4 recto verso et à couper en deux):

Consultez le dossier que les évêques de France consacrent à ce sujet: « Fin de vie: comprendre la proposition de loi et agir ».


Elisa Rojas, avocate au barreau de Paris et militante féministe, personnellement touchée par le handicap, nous offre dans cette vidéo (durée 33′) une analyse profonde sur le fait que le suicide médicalisé est profondément anti-social.


Elisa Rojas vient de publier Pour mourir, tapez 1. Comment la loi sur la fin de vie inscrit la mort dans une logique capitaliste.


Dans cette vidéo (durée 15′), l’association Les Éligibles et leurs aidants donne la parole aux premiers concernés :


Le Centre dominicain d’études et de formation (auparavant Centre dominicain d’éthique et de vie spirituelle) propose de nombreux éléments de réflexion. Concernant la fin de vie, regardez par exemple cette vidéo (1h21) de Thomas de Gabory, prêtre dominicain et médecin en soins palliatifs. Son expérience de praticien lui permet d’analyser les distinctions entre idée de la mort, désir de mort et demande de mort :


Le Dr Thomas de Gabory a publié, en 2020 : Tu étais malade et je t’ai visité. Médecine, guérison et salut.


Nous avons eu l’honneur d’accueillir dès 2022 au Centre Lacordaire le Dr Claire Fourcade, alors présidente de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs), pour une conférence sur « Soins palliatifs et fin de vie ». Voici la vidéo de cette conférence (durée 1h15):


Le Dr Claire Fourcade a publié plusieurs ouvrages, en particulier :
– en janvier 2025, Journal de la fin de vie ;
– en avril 2026, Fin de vie. Manuel de résistance.


Les lois Leonetti de 2005 et Claeys-Leonetti de 2016 encadrent l’accompagnement médical de la fin de vie. Elles donnent l’obligation aux soignants de proposer aux personnes, en les informant, tout ce qui leur est possible pour les soulager, y compris une sédation profonde; et cela, même au risque d’abréger leur vie. Le Dr Claire Fourcade le rappelle dans cet entretien (12′ ; le lien conduit directement au moment de la vidéo où ce point est abordé) :


Mme Liz Carr, qui vit au Royaume-Uni, est atteinte d’une maladie auto-immune, diagnostiquée alors qu’elle avait 12 ans. En 2024, dans le documentaire Better off dead ? (Mieux vaut mourir ?), elle a donné la parole à diverses personnes concernées de près par la question de la mort administrée, en Grande-Bretagne et au Canada (durée 58′). On notera en particulier, aux minutes 11 à 15, l’intervention de Mme Jane Susan Campbell, atteinte d’un grave handicap et membre de la Chambre des Lords, qui expose des raisons convaincantes de n’ouvrir aucune brèche dans l’interdit de l’homicide.


M. Dominique Potier, député (PS) de Meurthe-et-Moselle, dénonce dans ce texte de loi une « fiction libérale » et lance une alerte : « Tout le droit s’est fondé sur la protection de la vie et des plus fragiles » (durée 17′).


Les Associations familiales catholiques (AFC) ont réalisé ce documentaire très instructif, en 2023 en Belgique (durée 1h31):


La Fondation Jérôme Lejeune promeut le site web « Gènéthique » et la chaîne Youtube « Humains », où sont abordées, dans de courtes vidéos, diverses questions de bioéthique, en particulier celle de la mort administrée (durée 2′):


Un sketch de l’humoriste Franjo qui aide à réfléchir (7 minutes) :


Deux autres contributions du fr. Damien :
– sur le site du diocèse de Montpellier : Lois sur la fin de vie, le manifeste du Fr. Damien, op ;
sur Aleteia : « Mort provoquée : troubles majeurs dans le dogme “ma vie m’appartient” ».


5 commentaires à propos de “FIN DE VIE : MOBILISONS-NOUS !”

  1. Rétroliens : Résurrection et mort provoquée - Dominicains de Montpellier

  2. Ils n’ont pas le droit c’est purement des assassinats. Nos médecins vont-ils cesser de se taire. Quand vont ils poser leurs masques.

  3. Merci, frère Damien, pour cette prophétique interpellation, très nécessaire devant l’offensive du répugnant syndicat de la mort.

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