
Nous laisserons-nous imposer une politique qui organise notre mise à mort quand notre santé devient fragile ?
Fr. Damien Duprat – 12 décembre 2025
Le constat est sans appel. Le 27 mai dernier, les tenants d’une légalisation de la mort médicalement provoquée ont échoué à faire croire ce qu’ils osent prétendre : que cette mesure serait en harmonie avec les soins palliatifs. À l’Assemblée nationale, le renforcement de ces soins a été approuvé à l’unanimité. En revanche, seule une courte majorité (54%) des députés présents a soutenu la proposition de loi présentée par M. Olivier Falorni, qui voudrait mettre en place, sous l’euphémisme d’ « aide à mourir », le suicide assisté et l’euthanasie.
Ce combat se situe d’abord sur le terrain de l’intelligence et du cœur. Aujourd’hui, notre code pénal punit la personne qui contribue au décès d’une autre, même à sa demande. Pour quelles raisons en est-il ainsi ? N’est-ce pas au nom de principes antérieurs à toute législation, comme notre amour de la vie et la solidarité qui nous relie ? Cela vient du cœur ; introduire dans la loi des exceptions à la prévention du suicide, allant jusqu’à instaurer un « délit d’entrave à l’aide à mourir », s’oppose frontalement à l’élan d’humanité qui nous pousse à prendre soin les uns des autres, avec une compassion qui préserve la vie.
Les soins palliatifs sont d’une grande efficacité pour accompagner et soulager dans la maladie. « La moitié des décès environ justifierait des soins palliatifs, soit environ 300 000 personnes chaque année. Or à peine 40 % d’entre elles y ont accès » (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, brochure « Fin de vie – Les données du débat », avril 2025, p. 7). En plus d’être un scandale, cette situation fausse le débat et les sondages concernant la fin de vie. La mort administrée en vient à apparaître comme une issue souhaitable face à la douleur et à la dépendance.
Le geste qui tue n’a pas sa place parmi les soins médicaux. Aurait-on oublié cette règle de sagesse, déjà formulée dans la Grèce antique par le serment d’Hippocrate (IVe siècle av. J.-C.) ? « Je ne remettrai à personne du poison, si l’on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ». Autoriser cela, même dans un cadre qui se veut strict, constitue par le fait même une incitation : ce qui est permis est censé être une bonne chose, et la tendance à favoriser l’option la moins coûteuse s’impose peu à peu.
N’est-ce pas ce qui se passe par exemple en Belgique, où l’euthanasie est légale depuis 2002 ? En 2017, le Dr Marc Moens, président de l’Association belge des syndicats médicaux, déplorait : « Depuis août 2016 et à la suite des problèmes budgétaires dans le domaine des soins aux personnes âgées, on commence à débattre d’une politique de l’euthanasie motivée par des considérations socio-économiques… Dans les journaux, on plaide aujourd’hui ouvertement en faveur de l’euthanasie des patients Alzheimer… » Ce triste constat est cité en page 75 du rapport d’information n°795 du Sénat français, intitulé Fin de vie : privilégier une éthique du soin (2023). Le même document fait état d’autres observations alarmantes, en Belgique et ailleurs (Canada, Pays-Bas…). Quand on entrouvre la porte de la mort sur ordonnance, apparaissent des mécaniques sociales qui poussent à éliminer les personnes les moins valides et les plus fragiles.
Acceptons-nous que dans chacune de nos familles se pose bientôt la question de savoir qui d’entre nous est « éligible à l’aide à mourir » ? Cette perspective appelle bien davantage que des réserves. Nous sommes responsables d’exiger une politique qui protège, soutient et accompagne la vie de chacun, au lieu d’organiser notre mise à mort quand notre santé est défaillante.
Vivre dans un pays où la vie est respectée, cela se mérite ! Nous avons le pouvoir d’amplifier la résistance contre ce processus législatif délétère. Une pétition au statut officiel a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale. Chaque signature pèse dans le débat ! Le texte de loi doit arriver devant le Sénat le 20 janvier 2026 : chacun peut s’adresser aux sénateurs de son département pour leur demander de ne légaliser aucun acte homicide et de promouvoir au contraire une société de la main tendue. D’autres actions sont proposées, en particulier par l’association Alliance VITA, dont l’expertise est reconnue des pouvoirs publics.
MOBILISONS-NOUS MAINTENANT ! Dans quelques mois il sera trop tard.
Invoquons l’Esprit de vérité et de force, afin d’oser regarder en face la gravité de ces enjeux et de nous lever pour éviter à la France de sombrer pour longtemps dans un tel malheur. Ce sera notre fierté, quoiqu’il arrive.
Signez une pétition au statut officiel (pour signer il faut se connecter avec France Connect, ce qui garantit la fiabilité du nombre de signataires) :
Relayez largement ce manifeste et cette pétition :
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- en partageant cette publication Facebook:
- en téléchargeant ce fichier PDF, à imprimer en A4 recto verso et à couper en deux:
Consultez le dossier que les évêques de France consacrent à ce sujet, avec des propositions pour agir dès aujourd’hui : Euthanasie et aide à mourir : les clés pour comprendre le projet de loi 2025.
Le Centre dominicain d’éthique et de vie spirituelle (CDEVS) propose de nombreux éléments de réflexion. Concernant la fin de vie, regardez par exemple cette vidéo de Thomas de Gabory, prêtre dominicain et médecin en soins palliatifs. Son expérience de praticien lui permet d’analyser les distinctions entre idée de la mort, désir de mort et demande de mort :
Nous avons eu l’honneur d’accueillir dès 2022 au Centre Lacordaire le Dr Claire Fourcade, alors présidente de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs), pour une conférence sur « Soins palliatifs et fin de vie ». Voici la vidéo de cette conférence:
Les Associations familiales catholiques (AFC) s’engagent fortement pour empêcher ce rejet des plus fragiles d’entre nous, en mettant à disposition un dossier à ce sujet, ainsi qu’une aide pour écrire aux élus (coordonnées et modèles de lettres).
Voici également un documentaire très instructif réalisé en Belgique en 2023 par les AFC:
Soutien total à cette démarche
Rétroliens : Résurrection et mort provoquée - Dominicains de Montpellier
contre la loi Fin de vie..pour les soins palliatifs
Ils n’ont pas le droit c’est purement des assassinats. Nos médecins vont-ils cesser de se taire. Quand vont ils poser leurs masques.
Merci, frère Damien, pour cette prophétique interpellation, très nécessaire devant l’offensive du répugnant syndicat de la mort.