Jésus, parole de Dieu

23 janvier 2022 – 3è Dimanche du Temps Ordinaire, année C
Ne 8, 2-4a.5-6.8-10 ; Ps 18(19) ; 1 Co 12,12-30 ; Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21
Homélie du frère Hervé Ponsot



Frères et sœurs, la liturgie dominicale nous propose habituellement une première lecture qui rejoint l’évangile sur un thème commun. Celui-ci est aujourd’hui facile à repérer : l’importance de la parole de Dieu. C’est elle que les Hébreux ont écouté pendant de longues heures, c’est elle que saint Luc va faire grandir en lui ajoutant son évangile et les Actes des Apôtres.

Et la lecture médiane, celle de saint Paul aux Corinthiens, qu’en est-il ? Elle traite du corps que nous formons malgré ou plutôt grâce à la diversité de ses membres. Il s’agit du corps ecclésial et ne présente aucun rapport, a priori, avec la thématique de la Parole de Dieu. Sauf à remarquer que ce qui est dit de l’Eglise en tant que corps du Christ peut être dit aussi de la sainte Ecriture telle qu’elle nous a été transmise.

De fait, la Bible forme ce que l’on appelle un « corpus », elle est elle aussi une sous son apparente diversité, elle est toute inspirée par l’Esprit. Un frère de l’Ecole biblique de Jérusalem me disait un jour que le corpus biblique était comme une symphonie, une multitude d’instruments pour une partition unique. On peut avoir ses favoris, placer au plus haut tel instrument plutôt que tel autre, comme Paul le propose des différents services rendus dans le corps du Christ, on peut donc préférer l’évangile de Jean au livre du Lévitique, mais chacun a sa place et joue son rôle. Nous voilà donc finalement reconduits à la parole de Dieu, à travers cette deuxième lecture qui semblait n’y faire aucune allusion : elle est elle aussi une et diverse, d’une extrême richesse.

On peut alors se demander si nous accueillons cette richesse et en vivons. Notre Bible figure-t-elle à l’écart dans une bibliothèque, ou est-elle notre livre de chevet ? L’ouvrons-nous régulièrement pour nous en nourrir ? On dit volontiers que les catholiques, à la différence des protestants, ne lui accordent pas tout le crédit qu’elle mérite : ce n’est plus vrai au niveau liturgique depuis que, à Vatican II, les catholiques lui ont redonné une place majeure dans toute célébration. Mais au niveau individuel ?

Or Jésus n’est pas seulement présent dans la Parole de Dieu, il est Parole de Dieu. Lire la Bible, c’est entrer en contact personnel avec lui. J’ai lu quelque part un trait attribué à Ste Rose de Lima : lorsqu’elle parcourait la Bible, elle voyait en même temps Jésus se promener sur les lignes. Je ne peux garantir l’authenticité du trait, mais il dit quelque chose de juste sur le lien étroit qui existe entre la parole lue et proclamée et Jésus lui-même. Lien que l’on retrouve dans notre évangile. Après avoir cité un passage du livre d’Isaïe, Jésus affirme : « aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture ». Mais comment s’accomplit-il sinon en Jésus et dans son œuvre ? Cela revient clairement à dire que l’Ecriture et lui sont simultanément présents, à la fois uns et distincts.

Une réponse à “Jésus, parole de Dieu”

  1. Oui, Jésus dit la Parole de Dieu qu’il Est lui-même ! Hier (l’Ecriture) ; aujourd’hui ( ce jour-là et aujourd’hui à l’heure où j’écris ce court commentaire) et demain !… Philippe de Sète

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