Tout remettre à Jésus

2 août 2026 – 18e dimanche du T.O., année A
Is 55,1-3 ; Ps 144 (145) ; Rm 8,35.37-39 ; Mt 14,13-21
Homélie du frère Damien Duprat


Jésus est saisi de compassion pour les foules. En relatant la première multiplication des pains (ici c’est la deuxième), l’Évangile de Matthieu avait précisé que le Seigneur Jésus avait pitié de ces foules « parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger » (Mt 9,36). Dans ce passage, comme dans les passages parallèles des Évangiles synoptiques, le miracle de la multiplication des pains et des poissons est précédé par les nombreux autres miracles que constitue la guérison des personnes malades. L’Évangile de Marc ajoute aussi que Jésus enseignait longuement le peuple (Mc 6,34) ; quant à Luc, il précise qu’il parlait du règne de Dieu (Lc 9,11). Nous voyons comment le Seigneur prend soin des foules de plusieurs manières ; lui qui est vivant pour l’éternité, il ne cesse de le faire au long des siècles. Il nous accompagne chaque jour, il continue de prendre soin de tous ceux qui se tournent vers lui et qui le suivent. Nous-mêmes avons besoin de cette nourriture multiforme qu’il nous donne. Dans sa bonté, Jésus est également sensible à nos besoins matériels, pratiques. Dieu, qui est le créateur de tout ce qui existe en-dehors de lui, est l’origine première de tous les biens dont nous bénéficions. C’est pourquoi cela a beaucoup de sens, par exemple, de prier le Seigneur à l’occasion de chaque repas, de le bénir pour la nourriture que nous recevons.

Dans cet épisode, on voit comment ce que Jésus donne aux foules passe d’abord par ses disciples. Cela vaut déjà pour son enseignement : face à une foule de cinq mille hommes, plus les femmes et les enfants, Jésus ne pouvait guère se faire entendre directement de tous. Il est probable que beaucoup entendaient sa parole par l’intermédiaire de ses disciples qui la relayaient. Cette même médiation est bien précisée pour le miracle des pains et des poissons. Jésus se fait remettre les cinq pains et les deux poissons, il les bénit et ensuite il les donne à ses disciples ; c’est donc de la main des disciples que les foules reçoivent cette nourriture miraculeuse. Aujourd’hui, de la même manière, c’est par son Église que Jésus dispense ses dons. Notre monde, qui est en recherche un peu effrénée d’efficacité, a toutes les raisons de se tourner vers l’Église parce que dans l’Église, nous sont donnés les moyens qui sont de loin les meilleurs pour rencontrer le Dieu vivant, le Dieu unique, le Dieu vrai, et pour recevoir l’abondance de sa grâce, dont les sacrements sont les canaux privilégiés. On le lit dans le Catéchisme de l’Église catholique (n°1084) : « [les sacrements] réalisent efficacement la grâce qu’ils signifient en vertu de l’action du Christ et par la puissance de l’Esprit Saint. » C’est d’abord le cas du baptême, qui fait de la personne qui le reçoit un membre du Christ et de l’Église ; ce sacrement doit être complété par l’Eucharistie et la Confirmation pour que soit achevée l’initiation chrétienne du nouveau baptisé.

L’Eucharistie ! C’est cela, la nourriture substantielle dont nos âmes ont le plus besoin, que nous demandons au Seigneur quand nous lui demandons dans le Notre Père de nous donner notre pain de ce jour.

Mais la nourriture que le Seigneur nous donne, c’est aussi sa parole de sagesse. « Écoutez et vous vivrez ! » nous disait Isaïe. Dieu nous fait part de sa sagesse ! Le monde est en quête de paroles de vie. Ces paroles de vie, certains vont les chercher partout et parfois auprès de n’importe qui : des voyants, des mediums, ou d’autres praticiens ésotériques. Des sessions spirituelles en tous genres fleurissent ici et là ; nos frères de la Sainte-Baume par exemple sont bien placés pour le constater, eux qui voient parfois arriver dans la grotte de Sainte Marie-Madeleine des groupes étranges et peu ouverts à la parole de Dieu. Tous ces moyens coûtent de l’argent, parfois beaucoup ; mais sont-ils efficaces pour rassasier les cœurs ? Il n’est pas rare qu’ils constituent plutôt des poisons spirituels. Au contraire, Jésus donne gratuitement, et ce qu’il donne est en mesure de combler les cœurs : « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6,35).

Aujourd’hui, Jésus accomplit-il encore de tels miracles ? On m’a rapporté quelque chose de semblable, survenu lors d’un grand rassemblement d’Église il y a quelques années : alors que la nourriture venait à manquer, l’un des camions de ravitaillement, qui avait déjà été vidé de ses plateaux-repas, s’est retrouvé plein d’une nouvelle cargaison ! Autre exemple : en mars 2023, lors d’une messe dominicale dans le Connecticut aux États-Unis, alors que l’on commençait à manquer d’hosties, un ciboire s’est soudain retrouvé de nouveau plein. Le curé en a témoigné dès la fin de la messe, dans une vidéo que l’on trouve en ligne (https://youtu.be/bI2svST4Wu0). Encore plus impressionnant peut-être : sous l’objectif des caméras d’une messe télévisée, à Lourdes en novembre 1999, la grande hostie est entrée en lévitation au cours de la consécration (https://youtu.be/3qsJfahQ-sk).

Mais le Seigneur accomplit aussi des guérisons, comme dans l’Évangile d’aujourd’hui ; on connaît en particulier les guérisons constatées par le bureau médical de Lourdes.

Ces signes sont donnés par le Seigneur à l’humanité pour susciter la foi, et pour la conforter chez les croyants, comme il est expliqué dans cette petite vidéo de Theodom: https://www.theodom.org/video/dieu-et-les-miracles.

Dans l’épisode de la multiplication des pains, il est précisé qu’il y a eu du reste après que tout le monde eut été rassasié : douze paniers de pains ! Ce chiffre évoque bien sûr les douze apôtres. C’est par ses apôtres, par son Église, que Jésus continue de donner en surabondance. Ce repas que Jésus a prodigué à ceux qui le suivaient est encore ouvert à d’autres participants.

Quant à nous, un peu comme ces personnes qui avaient apporté cette maigre nourriture, nous sommes appelés à donner à Jésus ce que nous avons, tout ce que nous avons, même si cela semble peu au vu des besoins. C’est au fond une démarche spirituelle : il s’agit de chercher à faire la volonté de Dieu, de lui offrir ce que nous faisons. Quand cela passe par les mains de Jésus, cela devient suffisant pour répondre aux besoins, et il peut même y en avoir de reste. Nos bonnes actions peuvent avoir un retentissement bénéfique au-delà de ce que nous pouvions imaginer.

Veillons donc à tenir nos mains ouvertes, nos cœurs ouverts, pour recevoir les dons de Dieu et pour les donner à notre tour ; donnons gratuitement, comme nous avons reçu gratuitement. Que cela soit pour nous une règle de vie qui nous guide dans tout ce que nous faisons.

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