Aimer jusqu’au bout

Introduction aux lectures par le frère Hervé Ponsot

Frères et sœurs, il est toujours difficile à un prédicateur de s’adresser aux fidèles après la douloureuse lecture de la Passion. Nombre d’entre eux choisissent donc de le faire avant. Ce soir, j’ai voulu anticiper plus encore en m’adressant à vous avant même la première lecture. En effet, le passage du livre d’Isaïe, que nous allons lire dans un instant et auquel je vous invite à prêter une attention particulière, vous propose une sorte de préfiguration de ce que va vous rappeler l’évangile aussitôt après : aimer jusqu’au bout.

Cet extrait d’Isaïe constitue l’un des quatre poèmes souvent appelés « les récits du serviteur souffrant ». La tradition d’Israël le comprend comme une évocation du sort douloureux du peuple d’Israël lui-même, la tradition chrétienne comme celle du sort plus particulier de Jésus : ne cherchons pas à opposer l’un à l’autre.

Le cœur de cette lecture est l’annonce prophétique, huit siècles avant notre ère, de l’avènement d’un serviteur conduit à la mort non pas pour ses péchés, mais pour avoir pris sur lui, malgré sa totale innocence, les péchés de son peuple : « c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé (…) c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé ».

Peut-on imaginer plus belle et plus douloureuse prophétie ? Elle va nous rappeler tout le sens de cette charité qui commande à aimer jusqu’au bout son prochain, jusqu’à donner sa vie pour lui. Cette charité a trouvé sa pleine expression avec Jésus dans sa Passion telle qu’elle est annoncée dans l’évangile de Jean : « Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’au bout ». Mais cette charité sans limites demande encore aujourd’hui à s’accomplir chez tous ceux qui désirent suivre Jésus sur son chemin de croix pour avoir part à sa résurrection. Ne sommes-nous pas du nombre ce soir ?

Ecoutons donc avec attention le récit du serviteur d’Isaïe et la Passion de Jésus selon saint Jean.

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