À l’école de Marie, notre Mère

1er janvier 2024
Sainte Marie, Mère de Dieu – Solennité
Nb 6,22-27 ; Ps 66 (67) ; Ga 4,4-7 ; Lc 2,16-21
Homélie du frère Jean-Marc Gayraud



« Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » Voilà qui nous renvoie à l’intériorité humaine, cette intériorité qui atteint chez Marie sa forme exemplaire. Dieu parle par les événements d’une vie. Des actes et des paroles peuvent être signes de sa volonté sur nous. Dieu fait signe à travers les réalités humaines, le signe des signes étant la présence même du Fils de Dieu en notre vie, Verbe fait chair, chair faite parole. Tout signe venant de Dieu prend sa source dans le Verbe fait chair et y renvoie. C’est bien ce que nous fêtons à Noël et ce que Marie médite dans son cœur, d’une manière incomparable. Chez elle, il n’est rien qui fasse obstacle entre l’extérieur et l’intérieur, entre les événements de vie et le mystère de Dieu qui s’y exprime.

Il s’agit donc, à l’exemple de Marie, de cultiver une sensibilité spirituelle aux choses de Dieu, à travers les réalités les plus concrètes de la vie. Et dans ce domaine, notre époque ne nous facilite pas la tâche ! Nos sens humains sont en effet si sollicités qu’ils ne renvoient plus qu’à leurs seules sensations. Ils n’ouvrent plus le chemin vers l’intériorité, ils en restent à leur propre satisfaction immédiate et extérieure. Il y a comme une hypertrophie purement sensuelle et extérieure des sens humains qui se paie lourdement par une grave atrophie spirituelle. L’expérience des sens ne fait plus signe en direction de l’intériorité mais lui fait écran.

Car nous sommes bombardés d’images agressives et aguicheuses, nous sommes envahis de paroles vaines et inconsistantes qui abrutissent l’être humain au lieu de lui ouvrir les chemins du cœur. Il y a comme un trop plein de sollicitations du monde qui finit par engendrer en nous un grand vide intérieur. Nous sommes comme happés vers l’extérieur de nous-mêmes. Et nous nous installons peu à peu dans un monde, un mode d’être qui n’est en définitive qu’illusion et vanité.

Il s’agit donc de retrouver les chemins du cœur à partir des sens, en les purifiant, en les éduquant au goût de Dieu. Sobriété, vigilance, attention, silence, prière, voilà ce dont notre vie a besoin pour être resensibilisée aux choses de Dieu, pour respirer à nouveau l’air très pur de l’Esprit de Dieu, cet Esprit qui est à la fois, tout comme l’air que l’on respire, au plus extérieur et au plus intérieur de nous-même. Cultivons cette sensibilité à même notre vie, par une saine décantation de tout ce qui peut nous solliciter. Il nous sera possible alors d’ajuster quelque peu les réalités de la vie au mystère de Dieu, d’y discerner son passage, sa présence, sa volonté. Que Marie intercède pour nous dans ce sens, elle qui méditait dans son cœur et retenait tout ce que le Seigneur lui donnait de vivre.

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