Heureux les artisans de paix, ils sont fils de Dieu

Nous nous sommes évertués à tendre l’oreille un peu plus ces derniers temps, et ce que nous avons entendu, ce sont comme des bruits de bottes et de tambours, des cris de violence et de guerre. Nous nous sommes efforcés d’ouvrir davantage les yeux, et ce que nous avons vu se déplier à l’horizon, ce sont comme des étendards, et des bataillons d’hommes en position de combat…

Comment les hommes s’y sont-ils pris pour ainsi s’amuser à remplir la terre de souffrances, d’injustices, de tribulations et de larmes, alors que Dieu nous a créés pour vivre en paix, dans la liberté, la justice et le bonheur ?

Abstraction faite de ce quelque chose que nous avons en nous de cassé que nous désignons sous le terme de péché originel, nous sommes d’accord que l’état naturel de l’homme n’est pas la violence, l’injustice et la guerre. « Les hommes (…) ne sont point nés pour être meurtriers, puisque Dieu ne les a point armés comme les lions et les tigres ». Les hommes « ne sont point nés pour l’imposture, puisqu’ils aiment tous nécessairement la vérité ». Les hommes « ne sont point nés pour être des brigands ravisseurs, puisque Dieu leur a donné également à tous les fruits de la terre et les toisons des brebis… ».

Voici, dès la première page de la Genèse, ce que nous lisons : « Voici que je vous donne en nourriture, toute l’herbe semant sa graine à terre, et tous les arbres dont le fruit porte une semence. De tout vivant, oiseau du ciel, rampant sur terre, la verdure des végétaux sera la nourriture » (Gn 1, 29). C’est ce que nous lisons dans le Livre, et c’est en partie cette bonne nouvelle que nous rappelle l’évangile, que nous méditons à répétition dans nos liturgies. Et c’est entendu qu’il n’est pas question que les hommes continuent indéfiniment d’ainsi s’enliser dans la violence et l’injustice. Le mal ne peut pas toujours avoir le dessus.

Le sermon de la montagne, que nous lisons aussi en la fête de la Toussaint par exemple, n’est pas rapporté par les évangélistes Marc et Jean, mais seulement par Matthieu et Luc; et nous sommes invités à considérer aujourd’hui la version de Matthieu.

Jésus est au tout début de son ministère public. Et voyant la foule, tel le nouveau Moïse, il gravit la Montagne et s’assied et enseigne : « Heureux les doux, ils obtiendront la terre (…) Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés (…) Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés (…) Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu…»

Huit béatitudes au total en lieu et place des dix commandements ou peut-être en complément. Chez Luc, elles sont par contraste assorties de quelques malheurs. Malheureux ceux qui trouvent du plaisir à commettre le mal et à faire souffrir… Malheureux ceux qui sont repus, rassasiés alors que le plus grand nombre est dans la tristesse et la peine; de la tristesse et de la peine causées par les comportements non évangéliques non fraternels d’autres hommes pourtant également appelés à faire le bien et à être heureux.

Le sermon de la montagne, feuille de route mise en application par Jésus lui-même, invite la violence à se désarmer, il somme l’injustice de céder la place à la justice. Il invite à s’ouvrir au visage de l’autre semblable à soi-même et à faire preuve de pitié et de compassion. Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait! Notre Père, qui es aux cieux, pardonne-nous comme nous pardonnons aussi…

Les béatitudes sont au cœur du message chrétien. Elles invitent les pauvres à reprendre courage et à se remettre à espérer. Elles redisent la folie de Dieu pour les sans-défense. Elles leur redisent encore aujourd’hui : Dieu est votre défense et il prendra soin de vous.

2 commentaires à propos de “Heureux les artisans de paix, ils sont fils de Dieu”

  1. Merci Jorel pour la force du message. Que L’Esprit qui y souffle traverse tous ceux qui l’ont entendu et même les sourds qui ne veulent pas entendre!

    • Oui, Jorel, bienheureux les Artisans de Paix comme… Louise Otis (juge canadienne à l’origine de la médiation dans les Tribunaux). Elle voit aussi manifestation de la Vie dans cette propension au conflit, au mal, chevillée en nous, car occasion tjrs offerte de cheminer vers la Lumière très patiente qui nous attend!

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